Frustration de non-accès : pourquoi une simple barrière peut déclencher une crise

Dossier FOMO : Le chien qui n’arrive jamais à décrocher
Cet article fait partie de mon dossier consacré au FOMO, à la frustration, à l’excitation et aux difficultés de séparation chez le chien.
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Il y a des chiens qui n’aiment pas les barrières. Et a un niveau supérieur …. il y a Cassian.

Chez lui, une barrière peut transformer une situation parfaitement banale en événement dramatique de niveau… fin du monde. 😅

Le plus fou ? Je peux être dans la même pièce que lui.
Il me voit, je suis là., je suis assise a mon ordinateur, il n’est pas seul. !!!
Mais… la barrière de sécurité bébé de la porte est fermée.
Catastrophe… ca peut suffire à déclencher une montée énorme de frustration, parfois tellement intense qu’on dirait de la panique.
(Ohhhh oui… chez lui, la frustration du non accès est très clair !)

C’est là qu’on réalise quelque chose d’important : Le problème n’est pas toujours l’absence de l’humain.
Parfois, le problème, c’est simplement :« Je veux y aller… et je ne peux pas. »

Et oui…. pour certains chiens, ça, c’est vraiment très très difficile.
Le fameux syndrome d’enfermement ? non… c’est différent. Je ferai un article la dessus bientôt.

La frustration de non-accès, c’est quoi exactement ?

C’est assez simple dans le fond.
Le chien voit quelque chose qu’il veut rejoindre :

  • son humain;
  • un autre chien;
  • un chat;
  • une pièce;
  • la porte;
  • une activité;
  • une ressource;
  • ou juste… ce qui se passe de l’autre côté.

Mais il ne peut pas y accéder. Il y a une barrière, nne porte, une laisse, un parc, ou une vitre…..Une distance quoi… quelque chose de non accessible….

Et soudain, ce qui était juste intéressant devient URGENT.

Chez certains chiens, ça donne de la frustration. Chez d’autres… ça donne une explosion.
Des jappements, des sauts, du grattage, du mordillage de la barrière jusqu’au va et vient… une capacité à décrocher.
Et parfois une détresse tellement forte qu’elle ressemble beaucoup à de l’anxiété, vous ne trouvez pas ?

« Mais je suis juste là ! »

C’est probablement ce qui rend le cas de Cassian si particulier au quotidien.
Parce que si je quittais la maison et qu’il paniquait, on penserait tout de suite à de l’anxiété de séparation.

Mais là… je suis souvent à un mètre de lui !!!!

Il me voit (enfin il pourrait…. mais parfois tellement paniqué… qu’il oublie que je suis assise derrière lui, sur mon ordinateur mais pourtant, si la barrière lui enlève la possibilité de circuler comme il veut… ça ne va plus du tout.

Parce que dans sa tête, ce n’est pas nécessairement :« Maman est partie. »
C’est plutôt :« POURQUOI JE NE PEUX PAS Y ALLER ?! »
Et ça, c’est très différent, c’est du FOMO a part entière !

Chez Cassian, le problème semble être le « NON »

Pas le non verbal, pas « non, touche pas à ça » mais le non-accès. La limite physique.
Le fait qu’une option existe… mais qu’elle ne soit pas disponible.
Et ça colle énormément avec son fonctionnement général.

Cassian veut participer à tout. Être là où ça se passe. Alors forcément…une barrière lui dit exactement ce qu’il déteste entendre :« Tu n’as pas accès à tout. » 😂

Et son cerveau répond :« PARDON ?! »

Le lien avec le FOMO devient assez évident

Le FOMO, c’est cette peur de manquer quelque chose. Et une barrière, finalement, matérialise ce risque.

Je vois maman, je vois la pièce, je vois le chat, j’entend mon papa, je vois l’activité…..
Mais je ne peux pas y aller !?
Alors un chien comme Cassian qui a déjà tendance à vouloir tout surveiller et tout suivre peut se retrouver avec une énorme frustration
Parce que la barrière ne cache rien….. (tous comme la cage ou la laisse ou l’enclos….)
Au contraire. Elle montre ce qu’il ne peut pas avoir.
Et pour ces chiens, voir sans pouvoir accéder peut être encore plus difficile que de ne rien voir du tout.

Frustration… ou anxiété ?

Et là, évidemment, ça devient intéressant.
Parce que les comportements peuvent se ressembler beaucoup… trop parfois….
Un chien qui vocalise, saute, halète, tourne en rond, gratte et n’arrive plus à réfléchir peut être : frustré, anxieux… ou les deux.
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? 🫣🙄 😂😂

C’est là que le contexte devient super important. Qu’est-ce qui déclenche la réaction ?
Le fait que je parte ?
Le fait qu’une porte se ferme ?
Le fait de perdre l’accès ?
Le fait de voir quelque chose sans pouvoir le rejoindre ?
Le fait de ne plus savoir où je suis ?

Chez Cassian, je vois très clairement que le non-accès lui-même est un déclencheur majeur.

Parce que je peux être présente, visible, voir très accessible visuellement et physiquement et pourtant, la réaction arrive quand même.

Et non… je ne vais pas juste « le laisser s’habituer »

Ça, c’est tentant. On pourrait se dire : « Il va finir par comprendre que la barrière n’est pas dangereuse. »

Mais si chaque séance devient une grosse montée de frustration, ce n’est pas vraiment ce que je suis en train d’enseigner.
Il risque surtout d’apprendre : barrière = frustration intense.
Pas exactement mon objectif. 😅

Je préfère travailler sous son seuil. Parce que je ne veux pas qu’il survive à la barrière je veux qu’il apprenne qu’elle n’est pas importante.

Alors… comment je travaille ça ?

Évidemment…Comme toujours…. en jeux. 😂 Vous devez commencer a me connaitre, non ? 😂😂😂

Parce que demander à Cassian de tolérer directement plusieurs minutes derrière une barrière alors que c’est justement sa plus grosse difficulté…
ce serait un peu comme me demander de courir un marathon parce que j’ai réussi à marcher jusqu’au dépanneur. 😂
Je vais donc découper le problème.

1. La barrière existe… mais ne veut rien dire

Au début, je peux simplement travailler autour de la barrière sans réellement bloquer Cassian.

Elle est là mais on joue de chaque coté, on récompenses partout autour de la barrière, on désengage.
On bouge la barrière, on la ferme 2 sec et on ouvre, on ferme et on attends que le chien s’assoie pour l’ouvrir….
Elle devient juste un objet dans l’environnement et non pas le portail de l’enfer. 😂

2. Une micro-distance

Ensuite, je peux me placer de l’autre côté en laissant la barrière ouverte 2 secondes et revenir toujours en la laissant ouverte… Puis refaire 5 secondes… plus 1 minute, puis 2 minutes, ect…

Le but est que Cassian puisse voir : « Elle est passée de l’autre côté… et ça va. » Avant même que son cerveau ait le temps de crier catastrophe.
Il devra aussi se dire… « c’est plate, je ne la suis plus, je regarde ! » Bingo !

3. Je bouge… sans disparaître

Je veux rester visible… mais derrière la barrière. Je recommence donc mon manège en fermant la barrière 2 secondes, en laissant ma main dessus la dites barrière !

Petit à petit, je veux construire : « Maman bouge derrière une barrière et je n’ai pas besoin de gérer ça. »

4. Le désengagement devient énorme

C’est probablement l’une des compétences les plus importantes ici. Cassian voit quelque chose qu’il veut rejoindre. Moi derrière la barrière…

Mais au lieu de rester fixé dessus… il peut se détourner pour aller chercher une croquette. Regarder ailleurs. Renifler. Prendre un un jouet ? Ou… le summum Retourner sur son tapis.
Même une seconde de désengagement, au début, c’est déjà un véritable succ;es !.

Parce que je ne cherche pas seulement un chien silencieux. Je cherche un chien capable de penser : « Oui, je l’ai vu… mais je peux passer à autre chose. »

Le tapis m’aide beaucoup aussi

Encore lui…. 😂 Mon tapis magique… Mais pas comme un « reste ».

Je veux que le tapis devienne un endroit où Cassian peut vraiment être détendu !.
Je peux alors travailler la barrière à petite dose pendant qu’il est dans un contexte déjà associé au calme.
Pas pour l’empêcher de bouger mais plutôt pour lui donner une option connue : « Tu peux rester ici. Rien ne t’oblige à suivre. »

Et la frustration, ça se travaille aussi ailleurs

C’est ça que j’aime dans les entraînements par concepts.
Je n’ai pas besoin de travailler uniquement LA barrière.
Je peux aussi construire la tolérance à la frustration dans plein de petits jeux :
-attendre une seconde;
-voir une récompense sans l’obtenir immédiatement;
-regarder quelque chose puis se détourner;
-accepter qu’un chemin soit temporairement fermé;
-attendre avant d’accéder à une ressource;
-apprendre que « pas maintenant » ne signifie pas « jamais ».

Parce que derrière la barrière, ce que je travaille finalement, ce n’est pas juste une barrière.
Je travaille :« Je peux ne pas avoir accès… et rester bien quand même. »

Ce que je surveille surtout : la montée

Parce qu’avec lui, ça peut monter très très vite….Et quand il est rendu trop haut…on ne travaille plus vraiment.
Il réagit.

Alors j’essaie de repérer les signes avant l’explosion : le regard qui se fixe; le corps qui se tend; les déplacements qui accélèrent; les petits sons; la difficulté à prendre une récompense (très grand indicateur !!!; le désengagement qui disparaît.
À ce moment-là, je sais que j’ai probablement demandé trop.

Alors, je recule. C’est exactement ça, entraîner.

L’objectif n’est pas qu’il « se résigne »

Je ne veux pas un chien qui pense : « Bon… je n’ai pas le choix. »
Je veux un chien qui pense : « Ok. Je ne peux pas aller maintenant. Pas grave. »

Ce n’est pas la même chose. Avec un chien avec autant de FOMO que Cassian… ce petit « pas grave » représente beaucoup de travail. Mais aussi énormément de liberté émotionnelle.

Parce qu’au fond, c’est ça le vrai problème

Une barrière n’est qu’un objet. Deux morceaux de métal. Quelques barreaux. Rien de très impressionnant.
Mais pour un chien qui veut avoir accès à tout ce qui se passe… elle représente quelque chose de beaucoup plus gros : la perte du choix.

Et chez Cassian, cette perte du choix est probablement l’une des choses les plus difficiles à tolérer.
Alors non. Je ne cherche pas à lui apprendre :« Tu dois accepter la barrière. »
Je veux lui apprendre :« Même lorsque quelque chose t’est inaccessible… tu es capable de rester bien. »

Et pour mon petit FOMO sur springs… on va dire qu’on a encore un peu de travail. 😂


🐾 Cet article fait partie de mon dossier FOMO – Le chien qui n’arrive jamais à décrocher

Dans ce dossier, je parle de surexcitation, de repos, d’hypervigilance, du besoin de suivre son humain, de frustration de non-accès et des difficultés liées à la séparation.

👉 Retrouvez tous les articles sur ma page FOMO.

👉 Vous pouvez aussi consulter le plan d’action de Cassian, pour voir concrètement comment je transforme ces difficultés en petits jeux progressifs.

Prochain article: Mon chien pleure dès que je quitte la pièce : est-ce vraiment de l’anxiété de séparation ?

Parce qu’après le chien qui veut absolument avoir accès à nous… vient la question suivante : Que se passe-t-il lorsque nous disparaissons vraiment ?

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