DOSSIER FOMO
Cet article fait partie de mon dossier consacré au FOMO, à la frustration, à l’excitation et aux difficultés de séparation chez le chien.
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Quand avoir un petit chien dans les talons devient plus qu’une simple preuve d’attachement
Où que j’aille… salon, cuisine, salle de bain… il me suit.. je retourne au salon… Devinez qui revient ?😂
Avoir un chien qui nous suit partout peut être adorable. On se dit qu’il nous aime tellement qu’il veut simplement être avec nous.
Et parfois… c’est exactement ça.! Mais pas toujours….
Un chien peut nous suivre pour énormément de raisons différentes. Par affection, habitude, parce que nous sommes devenus extrêmement intéressants, ou encore qu’il anticipe constamment la prochaine activité….Par peur de manquer quelque chose.
Ou parce qu’il est réellement inquiet lorsque nous nous éloignons.
le geste peut être exactement le même, alors que l’émotion derrière ne l’est pas….
« Il me suit parce qu’il m’aime » Oui, Évidemment.
Nos chiens sont des animaux sociaux et beaucoup aiment naturellement être près de leurs humains.
Si je change de pièce et que mon chien décide tranquillement de venir se coucher à côté de moi, il n’y a absolument rien d’inquiétant là-dedans.
« Je préfère être ici avec toi. »
La différence importante, pour moi, est dans le mot : préfère….Mais il pourrait aussi préfèrer rester là où il est.
Il peut dormir profondément pendant que je me lève sans se rendre compte !
Il peut parfois me regarder partir sans ressentir le besoin de se lever.
Ça, c’est très différent d’un chien qui a besoin de me suivre.
Parfois, c’est simplement une habitude
Et là… nous, les humains, sommes souvent un peu… voir beaucoup… responsables. 😂
Parce que on penses à ce qui se passe lorsqu’on se lève dans une maison.
On va vers la cuisine = Fromage ?
On va vers la porte = Oh! promenadeeeee ?
On prend nos souliers = Elle parttttt sans moi ???
Et voilà… . Nos mouvements deviennent rapidement de petits panneaux lumineux annonçant :
« Quelque chose d’intéressant pourrait se produire ! »
Donc si notre chien nous suit régulièrement et qu’il obtient quelque chose, le comportement devient une récompense.
Il a appris : Maman bouge = je vais voir.
Ce n’est pas du FOMO…. Ce n’est pas de l’anxiété….. C’est simplement un comportement devenu « payant ».
Et puis il y a Cassian…
Avec Cassian, évidemment, on ajoute une petite intensité de… « MAIS QU’EST-CE QU’ON FAIT ?! » 😂
Quand je me lève, Cassian n’a pas seulement « tendance » à me suivre…
Il se lève avec enthousiasme !! Des springs à la place des pattes.
Il cherche quelque chose d’excitant a faire instantanémen…. prendre un jouet ? me sauter dessus ? courrir après le chat qui est… heu était couché… 🫣😂
Dans sa tête, mon lever ne signifie pas : « Maman change simplement de pièce. »
Il semble plutôt signifier : « Il se passe quelque chose et JE VEUX EN ÊTRE ! »
C’est ici que le FOMO embarque…..
Quand suivre devient du FOMO
Rappel Le FOMO(Fear Of Missing Out ) n’est pas un diagnostic médical.
C’est une façon de décrire un chien et ses émotions qui semble avoir énormément de difficulté à rester calme…. a accepter que quelque chose de passe sans lui…
Alors si son humain change de pièce…Pourquoi rester couché ?
Il pourrait manquer quelque chose ! Sans lui !? Ce n’est pas de la peur au sens classique.
Chez Cassian, par exemple, je vois beaucoup d’anticipation et énormément d’excitation.
Avec Wicket, c’était complètement différent
C’est là que la comparaison entre mes deux chiens est très différente.
Parce que Wicket aussi me suivait partout…. TOUS le temps…
Donc si j’avais simplement écrit sur un rapport :Comportement : suit son humain partout
j’aurais pu penser que Wicket et Cassian vivaient la même chose. Pourtant… absolument pas.
Wicket me suivait en alerte. Il me suivant du regard, surveillait mes gestes mais surtout… surveillait tous ce qui l’entourait à la recherche du moindre changement chez moi et l’entourage, du petit bruit suspect.
Wicket était toujours en hypervigilance, beaucoup de difficultés d’adaptation et de l’anxiété de séparation.
Le mouvement représentait un changement. Et le changement devenait inquiétant.
Pour Wicket, j’avais davantage l’impression de voir : « Où vas-tu ? Qu’est-ce qui arrive ? Est-ce que tu vas partir ? »
Pour Cassian : « Où vas-tu ? Est-ce qu’on fait quelque chose de COOL ? »
Même comportement, oui… enfin presque…. Deux expériences émotionnelles complètement différentes.
Traduction… Wicket avait peur et était sur le qui-vive, Cassian est complètement (fou🙄) excité…
Alors comment savoir pourquoi votre chien vous suit ?
Je regarde beaucoup moins le fait qu’il me suive que tout ce qui vient autour.
Comment est son corps ? Est-il détendu ? Excité ? Tendu ?
Est-ce qu’il halète alors qu’il n’a pas chaud ?
Est-ce qu’il gémit ? Est-ce qu’il me fixe ? ou est-ce qu’il bondit joyeusement en attrapant un jouet ?
Peut-il décider d’aller se coucher dans une autre pièce ? Ou mieux… dormir profondément lorsque je bouge ?
Mais surtout : Que se passe-t-il lorsque le chien NE PEUT PAS me suivre ?
Et cette question est très importante.
Parce qu’un chien peut choisir de nous suivre partout… mais rester parfaitement détendu si une barrière l’empêche momentanément de venir. Un chien FOMO, lui, peut exploser dès que l’accès est impossible.
Jappements, grattage intensif, sauts sur la barrière, ou frustration… voir même panique.
Et voilà , nous commençons à obtenir beaucoup plus d’informations sur ce qui se passe réellement.
Suivre n’est donc pas automatiquement de l’anxiété de séparation
C’est cette « confusion » que je trouve importante à éviter.
Un chien « pot de colle » n’est pas automatiquement anxieux lorsqu’il est seul.
Un chien qui sait très bien rester dans une autre pièce lorsque nous sommes à la maison peut malgré tout avoir une réelle détresse de séparation lorsque nous quittons complètement le domicile.
Ce sont deux choses différentes.
C’est pourquoi je ne poser jamais une étiquette uniquement à partir de : « Il me suit partout. »
Il vaut mieux se demander : Que ressent-il lorsque vous vous éloignez ?
Alors… faut-il empêcher son chien de nous suivre
Non.,,,
Je n’ai absolument pas envie de transformer ma maison en camp d’entraînement où Cassian doit demander une autorisation avant de changer de pièce. 😂
S’il a envie de venir avec moi dans la cuisine, très bien.
Ce que je veux construire, c’est le choix.
Je veux qu’il puisse venir mais je veux aussi qu’il puisse penser : « Bof. Je vais rester ici. »
Comment je travaille ça avec Cassian ?
Évidemment… en jeux…..
Un protocole de calme et des jeux de désengagement.
Je veux que Cassian découvre que mes mouvements ne débouchent pas systématiquement sur quelque chose.
Le tapis est le protocole de calme
Comment faire ? Le tapis… l’entrainement au tapis prend toute son importance ici. (voir l’entrainement au tapis gratuit)
Je me lève, je me rassois…. Fin de l’histoire.
Je peux faire deux pas, prends un objet et le reposer.
Je vais dans la cuisine…et aucun biscuit magique n’apparaît. Tragique, je sais. 😂
Petit à petit, mes mouvements deviennent moins prédictifs, moins excitants, moins importants.
Je veux qu’il devienne un endroit où Cassian apprend réellement à décrocher. Ensuite, graduellement, j’ajoute de la vie autour de lui.
Le jeu du »tu peux rester»
Je ne demande pas nécessairement un reste. Je préfère créer des situations suffisamment faciles pour que Cassian puisse découvrir par lui-même : « Je peux rester ici et maman va revenir. »
Lorsqu’il est couché dans le salon par exemple
Au début, ça peut être aussi ridicule que de simplement bouger, changer de place sur le divan, me lever et me rassoir aussitot.
S’il reste ? Victoire (en silence dans ma tête la, on ne fait pas le party évidemment😂) on continue.
S’il se lève ? Mon mouvement est encore trop important pour lui. On réduis la difficulté.
Et les jeux de désengagement deviennent essentiels
Parce qu’au fond, c’est beaucoup de ça que nous travaillons.
Voir quelque chose… et ne pas avoir besoin d’y aller.
Entendre quelque chose…et ne pas avoir besoin d’intervenir.
Voir maman partir vers la cuisine…et décider que la sieste est finalement plus importante.
Pour un chien atteint de FOMO, ce sont de toutes petites victoires. Mais elles sont énormes.
Le but n’est pas d’avoir un chien indépendant à tout prix
Je tiens beaucoup à cette nuance. Je ne veux pas apprendre à Cassian qu’il doit arrêter de vouloir être avec moi. J’aime qu’il me suive. J’aime qu’il veuille participer à ma vie. J’aime son enthousiasme. C’est….. lui.🥰😂
Je veux simplement lui donner une autre compétence : être bien même lorsqu’il ne participe pas.
Parce qu’un chien capable d’être proche de nous et capable de décrocher possède beaucoup plus de liberté émotionnelle qu’un chien qui sent qu’il doit constamment savoir où nous sommes.
Alors… amour, habitude, FOMO ou anxiété ?
Parfois, c’est de l’amour. Parfois, c’est une habitude très bien renforcée. Parfois, le chien anticipe constamment la prochaine activité. Parfois, il ne veut surtout rien manquer. Et parfois…. oui… il est réellement inquiet lorsque nous nous éloignons.
Mais surtout… très souvent…il y a probablement un peu de plusieurs choses à la fois ? Oui, ca arrive.
C’est pour cela que je préfère observer le chien plutôt que coller immédiatement une étiquette sur son comportement.
Parce que la vraie question n’est finalement pas : « Pourquoi mon chien me suit-il partout ? »
Mais plutôt :« Est-ce qu’il pourrait choisir de ne pas me suivre… et être parfaitement bien quand même ? »
Cet article fait partie de mon dossier FOMO — Le chien qui n’arrive jamais à décrocher
Dans ce dossier, je parle de ces chiens qui veulent tout voir, tout suivre, tout comprendre et parfois… participer à absolument tout ce que nous faisons.
Retrouvez tous les articles du dossier sur ma page FOMO.