Vivre sans Wicket… et chercher encore sa présence

Je vis mon deuil de Wicket très difficilement. Je pleure beaucoup. Tous les jours, en fait.

Certaines journées, ce sont quelques larmes qui arrivent avec un souvenir. D’autres fois, c’est une vague qui me tombe dessus et qui prend toute la place.

Wicket me manque terriblement.
Depuis qu’il est parti, je crois que je cherche constamment des façons de le garder un peu près de moi.
Pas de le remplacer….Impossible.

Mais d’avoir quelque chose à toucher, à regarder, à porter. Quelque chose qui me ramène à lui.

Des objets pour combler un peu le vide

J’ai acheté beaucoup de choses. Un coussin avec son image, par exemple.
Je pensais que ça m’aiderait énormément. Mais je ne sais pas si c’est l’impression de la photo ou simplement le fait que ça ne ressemble pas assez à « lui »… je n’ai jamais vraiment réussi à m’y attacher.

Quand j’ai perdu Mando en janvier, j’avais trouvé une peluche, molle et un peu lourde, presque du même poids que lui…. identique coté image. Ça peut sembler étrange dit comme ça, mais ça m’avait vraiment beaucoup aidée. Je dors encore avec quand je ne dors pas avec Cassian… (j’ai peur qu’il le brise….) Le poids contre moi. La sensation d’avoir quelque chose contre moi, sur mes genoux. Évidemment, je savais très bien que ce n’était pas Mando. Mais dans les moments où son absence devenait trop grande, ça apaisait quelque chose en moi.

J’ai cherché la même chose pour Wicket. Je n’ai rien trouvé.
J’ai vu des peluches plus rigides qui pourraient reproduire à peu près sa forme, mais elles coûtent très cher et je ne sais même pas si je serais satisfaite une fois que je l’aurais entre les mains au vue de ma déception du coussin.
Parce qu’au fond, ce que je cherche n’existe pas. Je cherche Wicket…..

Alors j’ai créé des morceaux de lui un peu partout

J’ai une grande doudou remplie de photos de lui. Elle, je l’aime beaucoup.
J’ai aussi un petit coin que j’appellerais presque mon sanctuaire.
Ses cendres. Des photos. Quelques objets. Des souvenirs….

J’ai une boule de Noël avec lui que je vais mettre dans le sapin cette année.

Et rien que d’y penser, j’ai mal.
Noël va être difficile.
Je faisais tellement de petits jeux de Noël avec Wicket. Mon calendrier de l’avant Wicket… Il faisait partie de mes traditions. De mes habitudes. De ma façon de célébrer.

Cette année, son absence sera probablement partout. Et en même temps, sa boule sera là.
Comme une petite place réservée pour lui.

Mais ce que j’aime le plus, ce sont mes bracelets

J’en ai fait faire plus d’une dizaine. Avec des photos différentes de Wicket. Et j’en porte un tous les jours.
C’est probablement ce qui m’aide le plus. J’aimais déjà ce genre de bracelet qui me rappelais de méditer. Je méditais avec Wicket a coté de moi…. Aujourd’hui, je médite encore avec lui, différemment…

Parce qu’il est avec moi. Sur mon poignet. Je peux le regarder n’importe quand. Je peux toucher le bracelet.
Et il y a quelque chose dans ce geste qui me rassure.

Toujours avec moi. Toujours près de moi.

Je sais que ce n’est qu’un bracelet. Mais pour moi, ce n’est pas « juste » un bracelet.
C’est un petit objet de transition entre la vie avec lui… et cette vie que je dois apprendre à vivre sans lui.

J’ai besoin de le voir

J’ai aussi plusieurs cadres numériques.
Et ça, c’est extrêmement important pour moi.
Il y a des photos. Mais surtout, il y a des vidéos.

Je le vois bouger. Je l’entends. Je le vois vivre….
Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, ça ne me fait pas seulement pleurer.
Ça me fait du bien aussi.

J’ai classé toutes ses photos. J’ai fait des albums. Ses vêtements. Ses chats et ses amis. Ses jeux. Ses changements au fil des années. Des petits moments complètement ordinaires qui, aujourd’hui, sont devenus précieux.

J’aime le voir…. Non…J’ai besoin de le voir.

Quand ça devient trop difficile, parfois je m’assois simplement devant un de mes cadres numériques.
Et je regarde Wicket.

Il y a aussi tout ce que je n’arrive pas à toucher… regarder….

Je n’arrive toujours pas à donner ses choses. Je n’arrive même pas à les utiliser pour Cassian.
Ses jouets. Ses jeux. Ses tapis. Ses vêtements. Ses laisses. Ses harnais…..
Certaines personnes seraient peut-être capables de les réutiliser.

Moi, non. Peut-être une jour….. Ou peut-être jamais…. mais surtout pas maintenant.
J’ai acheté une très belle boîte. Et j’ai tout mis dedans.

Parce que je suis incapable de m’en séparer mais je suis aussi incapable de voir toutes ces choses autour de moi.

C’est étrange, le deuil. Certaines choses, j’ai besoin de les voir tous les jours. D’autres sont trop douloureuses à regarder.
Alors la boîte est devenue une sorte d’entre-deux.
Je ne donne rien. Je ne jette rien. Je ne suis simplement pas prête.

Wicket était mon premier chien

Et ce n’était pas « juste mon chien ». Celui avec qui j’ai appris énormément.
Celui dont je me suis occupée d’une façon presque constante pendant des années.
J’étais son support émotionnel…..Mais la vérité, c’est qu’il était aussi le mien.
Il avait besoin de moi. Et j’avais besoin de lui.
Il était mon phare dans ma solitude et mes dépressions….

Il occupait une place immense dans mes journées, dans mes pensées, dans mes routines. Donc quand il est parti, je n’ai pas seulement perdu Wicket. J’ai perdu toutes ces petites choses que nous faisions ensemble…..

Tous ces réflexes. Toutes ces habitudes.
Cette présence qui faisait partie de ma vie sans que j’aie besoin d’y penser.
Maintenant, je dois apprendre à vivre sans lui.

Et je trouve ça vraiment trop difficile……

Parfois, pendant une fraction de seconde…

Il m’arrive parfois de le sentir près de moi. Je crois le voir passer…..Une fraction de seconde.
Je crois entendre son jappement. Je sens presque sa présence.
Est-ce mon cerveau qui connaît tellement bien Wicket qu’il continue parfois de le chercher dans la maison ?

Peut-être. Je n’ai pas besoin de savoir…. Mais quelques part, j’aimerais penser qu’il est réellement encore avec moi, que son âme est là, qu’il est toujours là pour moi…
Parce que pendant cette fraction de seconde, il est « réellement » là…..Et ça me fait du bien.

Deux deuils en six mois

Et peut-être qu’une partie de la violence de tout ça vient aussi de là.
J’ai perdu Mando en janvier…..Puis Wicket en juin.

Deux êtres que j’aimais énormément en moins de six mois.

Quand Mando est décédé, j’ai pleuré Mando avec Wicket près de moi.
Wicket était encore là.
Je pouvais m’accrocher à lui.
Je pouvais le prendre, le regarder, m’occuper de lui.
Il faisait encore partie de cette vie qui continuait malgré l’absence de Mando.

Puis j’ai perdu Wicket lui aussi…..Et cette fois, je n’avais plus Wicket pour m’aider à traverser la peine.
Ils m’apportaient tous les deux tellement de joie.
Et depuis leur départ, il y a des jours où j’ai vraiment l’impression que le monde a perdu ses couleurs.

Je sais qu’elles reviendront probablement différemment. Il y a encore de belles choses…
J’ai encore Cassian et Willow.
Cassian me fait rire. Il m’occupe énormément. Il apporte autre chose dans ma vie.

Mais aimer un nouvel animal ne remplit pas la place de celui qui est parti. Parce que cette place appartient à Wicket.

Elle lui appartiendra toujours. Alors, pour le moment, je garde mes bracelets.
Mes photo, m es vidéos,ma doudou…. . Ma boîte remplie de ses choses……Mes souvenirs.

Et j’apprends doucement quelque chose que je n’avais jamais eu envie d’apprendre : on ne cesse pas d’aimer quelqu’un parce qu’il n’est plus là.

Il faut simplement apprendre à continuer à l’aimer sans sa présence…..

Je ne l’oublierai jamais….

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