Dans mon dernier article sur Wicket, je vous parlais de ses soins.
De sa maladie.
De tout ce qu’on faisait pour lui.
De ses hauts… et de ses bas.
Mais malgré tout ça, j’avais l’impression qu’il allait bien.
Pas « bien » comme un chien en parfaite santé, évidemment. Je savais qu’il était malade. Je savais qu’il avait une tumeur au foie. Je savais que son syndrome de Cushing était là, que son corps était fragile et qu’on devait constamment s’ajuster.
Mais il mangeait. Il était avec nous. Il avait encore ses habitudes, ses petits plaisirs, ses moments où il était simplement… Wicket.
Et dans ma tête, je pensais sincèrement qu’on pourrait continuer comme ça encore longtemps.
Un an…..Peut-être même deux…. Je rêvais, je me voilais parfois la face ?
Je savais qu’un jour il faudrait lui dire au revoir.
Mais pas maintenant. Pas tout de suite.
Puis, au début du mois de juin, les choses ont commencé à changer.
D’abord, j’ai remarqué qu’il semblait uriner moins à la fois… mais beaucoup plus souvent. Direction vétérinaire.
On a découvert de toutes petites pierres. Rien qui, dans ma tête, annonçait une catastrophe. Encore quelque chose à surveiller. Encore quelque chose à gérer.
Quelques jours plus tard, il est devenu incontinent… Totalement. Infection urinaire. D’accord…. Encore des médicaments….
Tous rien de « grave », ca arrive, non… On traite et on continue.
Puis Wicket a commencé à moins manger…. Puis, à ne presque plus manger. Il semblait avoir mal au cœur. Et là, même ses médicaments devenaient difficiles à lui donner.
Alors je suis retournée chez le vétérinaire.
Et honnêtement…
Dans ma tête, je savais déjà ce qu’on allait faire. Du Cerenia pour les nausées, et probablement un peu d’hydratation.
Peut-être quelques ajustements.
Des choses que Wicket avait déjà reçues tellement de fois dans sa vie. Une petite remontée, un petit booste…. Et on rentrerait à la maison.
Mais cette journée-là n’a pas ressemblé aux autres.
Examen….Prise de sang…. Puis les résultats….
Son taux de sucre dans le sang était à 24. Alors que la normale se situe autour de 4 à 10. Ses valeurs pour le foie étaient catastrophiques. Celles pour les reins aussi.
Et là, la vétérinaire m’a parlé de devoir aller a l’hopital de Saint-Hyacinthe. D’une hospitalisation. D’un suivi pour le diabète. De médecine interne pour essayer de comprendre… ce qu’on savait déjà… et de gérer tout le reste.
Puis elle s’est arrêtée. Elle a pris une pause. Elle nous a regardé et…. elle nous a demandé : « Jusqu’où vous voulez aller ? Vous y avez réfléchi ? »
Je pense que c’est la pire phrase qu’on m’ait dite de toute ma vie. Je l’entends encore….Mot pour mot. Je l’entends encore parfois dans mes cauchemars. Parce qu’à ce moment-là, j’ai compris…..
On savait que tout ça était relié à son syndrome de Cushing. On savait que son corps commençait à lâcher.
Il ne s’agissait plus seulement de traiter une infection, ou des nausées, ou de lui donner quelques jours difficiles avant que ça aille mieux. Cette fois, quelque chose avait changé.
Mon conjoint et moi, on s’est regardés. Et je pense qu’on a compris exactement la même chose au même moment.💔💔😭😭😭
Il a dit, aux travers des larmes : « On ne veut pas qu’il souffre….. »
Et c’était ça. La réponse.
La réponse que je ne voulais pas connaître. Cette journée la… Le 20 juin, j’ai donc dit au revoir à Wicket.
La journée où, dans ma tête, j’allais simplement chercher un médicament contre le mal de cœur.
C’est étrange comme certaines des pires journées de notre vie commencent de façon complètement banale.
On se lève. On fait ce qu’on a à faire. On prend un rendez-vous chez le vétérinaire.
On pense revenir quelques heures plus tard avec un sac de médicaments.
Et quelques heures après, notre vie n’est plus la même.
Ça m’était déjà arrivé avec Wicket.
Une journée qui devait être normale et où on avait découvert sa tumeur au foie. Mais cette fois…
Il n’y a pas eu de « prochaine étape ».
Pas de traitement à ramener à la maison.
Pas de prochaine prise de sang et échographie
Pas de prochaine bataille.
Seulement la fin.
Et je ne crois pas que mon cerveau ait encore complètement compris ce qui s’est passé cette journée-là.
Quatre mois plus tard, je suis encore capable de revivre chaque seconde.
La pièce…. Les mots……Le regard de mon conjoint….
Cette question de la vétérinaire qui va me hanter pour des mois… des années a venir…
Cette sensation terrible d’être entrée avec mon chien… et de repartir sans lui.
Je sais rationnellement pourquoi nous avons pris cette décision. Je sais que je ne voulais pas qu’il souffre…. On lui avait promit !
Je sais que l’hospitaliser, multiplier les examens, traiter le diabète et essayer de soutenir des organes qui commençaient à lâcher n’aurait pas forcément été lui offrir plus de vie.
Ça aurait peut-être simplement été lui demander de se battre encore. ….Et Wicket s’était déjà tellement battu.
Alors on a choisi pour lui. Pas pour nous.
Parce que pour nous, évidemment, j’aurais voulu le garder…. encore une journée, encore une semaine… encore un mois… encore un an….J’aurais toujours voulu un peu plus de temps.
Je suis sortie avec l’envie de retourner en dedans et leur crier de me le ramener ….
Je crois que c’est ça, le plus cruel avec eux.
On passe leur vie à prendre soin d’eux.
À les protéger.
À surveiller le moindre changement.
À chercher des solutions.
À se battre pour qu’ils aillent mieux.
Puis un jour, les aimer signifie faire exactement l’inverse de ce que notre cœur nous demande. Arrêter….Et les laisser partir.
Je ne sais pas encore comment faire la paix avec cette journée. Je sais seulement une chose.
Wicket n’est pas parti parce qu’on a arrêté de se battre pour lui.
Il est parti parce qu’après toutes ces années à nous battre à ses côtés, notre dernière façon de le protéger a été de ne pas lui demander de se battre pour nous.
Et ça…Même si ça me brise encore le cœur aujourd’hui… Je sais que c’était aussi l’aimer.
Je t’aime Wiwi, je t’aimerai toute ma vie… je ne t’oublierai jamais….