Mon chien ne sait pas se poser : couché ne veut pas dire détendu

Dossier FOMO : Le chien qui n’arrive jamais à décrocher
DOSSIER FOMO
Cet article fait partie de mon dossier consacré au FOMO, à la frustration, à l’excitation et aux difficultés de séparation chez le chien.
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Le chien est couché. Il ne bouge pas. Il ne mord rien, ne court pas partout, ne réclame rien.

Alors par défaut…., on se dit : « Enfin. Il se repose. » Mais… est-ce vraiment le cas ?

Parce qu’un chien peut être couché, parfaitement immobile, et avoir malgré tout son cerveau en mode : « Je surveille. Je reste prêt. Il pourrait se passer quelque chose. » Un peu d’hypervigilance avec ca ?

Et ça, je le vois très bien avec Cassian.
La fin de semaine, j’aime écouter mes séries à la télévision. Je m’installe, Cassian se couche à mes pieds et, en apparence, tout va bien. En surface… il dort !

Puis je me lève. Et voilà. Monsieur Cassian ouvre un oeil, il s’étire… est debout lui aussi. Prêt à partir.
-Tu vas où maman ? 😂

Alors….Est-ce qu’il dormait vraiment ?

Parce qu’un chien profondément endormi ne devrait normalement pas être projeté sur ses quatre pattes au moindre mouvement de son humain.

Il faut donc porter attention….

Se coucher n’est pas la même chose que se détendre

On confond facilement l’absence de mouvement avec le calme. Mais pourtant, le vrai repos est beaucoup plus que cela.

Un chien détendu peut relâcher son corps, laisser tomber sa vigilance, changer de position, soupirer, dormir profondément et parfois… ne même pas remarquer immédiatement que nous avons bougé !!!!
À l’inverse, certains chiens semblent calmes parce qu’ils sont couchés, mais restent en réalité extrêmement attentifs à leur environnement.

Une oreille bouge, les yeux s’ouvrent, la tête se relève. Maman change légèrement de position. ALERTE.

Le chien n’est donc pas nécessairement en train de se reposer. Il peut être simplement… en attente!!!!
Et attendre pendant deux heures demande beaucoup plus d’énergie mentale qu’on pourrait le croire.

Pourquoi certains chiens n’arrivent-ils jamais vraiment à décrocher ?

Il peut y avoir plusieurs raisons.

Certains chiens sont naturellement très attentifs à leur environnement. D’autres ont appris que les mouvements de leur humain annoncent souvent quelque chose d’intéressant : une promenade, de la nourriture, un jeu, une sortie dans la cour.

Et chez certains chiens, il y a une dimension supplémentaire :« Et si elle allait faire quelque chose sans moi ? »

C’est ici que le FOMO peut entrer dans l’équation.
Le terme FOMO vient de Fear Of Missing Out : la peur de manquer quelque chose. Chez le chien, ce n’est pas un diagnostic en soi, mais c’est une façon très parlante de décrire certains chiens qui semblent avoir besoin de savoir ce qui se passe, où ça se passe et surtout… s’ils vont pouvoir y participer.😂

Et quand leur humain bouge, leur cerveau répond immédiatement : « Quelque chose commence peut-être. Je dois y aller. »

Bien sur, un chien qui nous suit n’a pas automatiquement un problème de FOMO ou d’anxiété.
Mais lorsque le chien semble incapable de laisser passer un mouvement sans intervenir, lorsqu’il dort très peu profondément en notre présence ou lorsqu’il devient frustré dès qu’il ne peut pas nous suivre, ça vaut la peine de regarder ce qui se passe derrière le comportement.

Deux chiens qui se ressemblent… mais pour des raisons complètement différentes

C’est probablement ce qui me frappe le plus quand je compare Cassian à Wicket.
À première vue, on pourrait croire qu’ils avaient le même problème.

Wicket aussi surveillait énormément mes mouvements. Il était hypervigilant, avait beaucoup de difficulté à réellement décrocher et souffrait d’anxiété de séparation.

Je me levais ? Il savait. Quelque chose changeait dans la maison ? Il le remarquait.
Un bruit inhabituel, un mouvement, une modification dans la routine pouvait immédiatement devenir important pour lui.

Mais chez Wicket, ce comportement s’inscrivait dans quelque chose de beaucoup plus large. Il avait un syndrome de privation sensorielle, avec énormément de peurs et surtout une très faible capacité d’adaptation.

Le changement était difficile. La nouveauté était difficile. L’imprévisible était difficile.

Son hypervigilance était donc intimement liée à ce besoin permanent de surveiller un monde qu’il trouvait souvent inquiétant! être avec moi était rassurant. Son repère…. j’étais son adaptabilité !

Avec Cassian, c’est très différent.

Cassian s’adapte remarquablement bien. Je change quelque chose ? Il observe, comprend et passe généralement rapidement à autre chose.

Nouvel endroit, nouvelle situation, nouvel objet… il peut être intrigué ou excité, mais il possède une capacité d’adaptation que Wicket n’avait tout simplement pas.

Et pourtant…

Je suis assise devant la télévision avec Cassian couché à mes pieds. Je me lève.
Hop ! Cassian est debout.

Je suis assise devant la télévision avec Wicket couché collé a moi….. Je me lève.
Hop ! Wicket est debout.

Alors, vu de l’extérieur, nous avons exactement la même image :

un chien couché qui surveille suffisamment son humain pour se lever au moindre mouvement.

Mais l’émotion derrière n’est probablement pas la même.

Chez Wicket, il y avait beaucoup de : « Quelque chose change. Est-ce que je suis en sécurité ? »

Chez Cassian, je retrouve davantage :« Attends… où vas-tu ? Qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce que je vais manquer quelque chose ? »

Et cette différence est essentielle.

Parce qu’un comportement ne nous donne jamais, à lui seul, la raison pour laquelle le chien le produit.

Même besoin de calme… mais pas le même chemin

Ce qui est intéressant, par contre, c’est que malgré leurs différences, Wicket et Cassian ont tous les deux eu besoin de travailler le calme.
Le fameux protocole de Calme !!!

Mais pas exactement pour la même raison.

Avec Wicket, je voulais l’aider à découvrir que les mouvements, les sons, les changements et mes déplacements ne signifiaient pas forcément qu’un événement inquiétant allait arriver.

Avec Cassian, je veux surtout lui apprendre que tout ce qui se passe dans la maison ne nécessite pas sa participation immédiate.

Le protocole peut donc se ressembler extérieurement : petits mouvements, désengagement, tapis, retour au calme, progression très graduelle pourtant ce que l’on cherche à modifier derrière le comportement n’est pas nécessairement la même chose.

Et c’est aussi pour cette raison que j’aime autant travailler par concepts et par petits jeux.

Je ne cherche pas uniquement à obtenir : « Mon chien reste couché lorsque je me lève. »

Je cherche à construire : « Mon chien n’a plus besoin de se lever lorsque je me lève. »

Et pour moi, toute la différence est là.

Un chien qui ne se pose pas n’est donc pas automatiquement un chien FOMO. Hypervigilance, peur, anticipation, frustration, excitation ou difficulté d’adaptation peuvent donner des comportements qui se ressemblent énormément. C’est le contexte et surtout l’émotion derrière le comportement qu’il faut essayer de comprendre.

Et notre premier réflexe est souvent… de le fatiguer davantage

C’est là que nous pouvons involontairement tomber dans un cercle super vicieux…. Mon chien ne se pose pas.
Donc je me dis :« Il manque sûrement d’activité. »

Je rajoute une promenade. Puis du jeu. Puis une activité de flair. Puis un jouet interactif. Puis un autre entraînement.

Et le chien devient parfois encore plus disponible pour… faire quelque chose. Parce que nous entraînons beaucoup nos chiens à être actifs. Nous leur apprenons à marcher, chercher, jouer, réfléchir, interagir, nous regarder, répondre à des demandes. Mais il existe une autre compétence beaucoup moins spectaculaire : ne rien faire…..

Tolérer qu’il ne se passe rien. Voir maman se lever… et rester couché. entendre une porte… sans courir vérifier.

Voir quelqu’un traverser la maison… sans considérer que cela nécessite obligatoirement une intervention canine.
Pour certains chiens, c’est presque une matière scolaire à part entière. 😂

Alors comment lui apprendre à vraiment se poser ? Tel est la question….😂😂

Et la réponse ? Par le jeu. (oui oui, mon dada, mon créneau…)

Pas en demandant au chien de rester couché pendant vingt minutes. Pas en répétant « reste ». Pas en le replaçant constamment sur son tapis.

Parce que mon objectif n’est pas seulement d’obtenir un chien immobile. Je veux progressivement construire un chien qui pense :
« Maman bouge. Ce n’est pas important. »
C’est très différent.

Avec Cassian, par exemple, je peux travailler de toutes petites choses.
Je suis assise. Je bouge une jambe. Rien ne se passe.
Je me penche légèrement. Rien ne se passe.
Je me lève… puis je me rassois. Toujours rien.

Plus tard, je peux faire un pas. Puis deux. Puis revenir.
Le jeu consiste justement à rendre mes mouvements ennuyeux et prévisibles.

Et évidemment, j’adapte toujours la difficulté pour que Cassian puisse réussir.

Si je me lève et qu’il bondit immédiatement sur ses pattes, ce n’est pas un échec. C’est de l’information pertinente. J’ai simplement demandé quelque chose de trop difficile pour son niveau actuel. Je peux alors revenir à un mouvement beaucoup plus petit.

Les jeux que j’aime utiliser

Pour ce type de chien, je travaille surtout quatre concepts :

  • Le tapis, non pas comme un « reste », mais comme un endroit associé au calme et à la sécurité.
  • Les petits mouvements humains, où je me lève, me rassois, fais un pas et reviens progressivement.
  • Le désengagement, pour apprendre au chien qu’il peut voir quelque chose… puis choisir de ne pas s’en occuper.
  • Les jeux de tolérance à la frustration et au non-accès, lorsque le problème apparaît surtout parce que le chien ne peut pas aller là où il veut.

Et j’utilise aussi des jeux très simples comme le 1-2-3, la Prison, le Touch, ou d’autres exercices qui travaillent le calme, la prédictibilité et l’autocontrôle.

Le but n’est jamais de demander au chien de « se contrôler » pendant qu’il lutte intérieurement. Je veux progressivement modifier ce qu’il ressent.

Passer de :« VITE ! ELLE BOUGE ! » à : « Ah. Elle s’est levée. Bon. » c’est énorme. 😄

Le vrai objectif : pouvoir décrocher

Pour moi, apprendre au chien à se poser ne signifie donc pas simplement lui apprendre à rester couché.
Je veux qu’il puisse décrocher mentalement. Dormir.

Ne pas avoir besoin de surveiller continuellement ce que je fais. Parce qu’un chien qui passe sa journée à attendre le prochain événement ne bénéficie pas du même repos qu’un chien capable de se dire :
« S’il se passe quelque chose d’important, on viendra me chercher. En attendant, je dors. »

Et c’est probablement l’une des compétences les plus précieuses que nous puissions apprendre à ces petits chiens qui veulent absolument être partout à la fois.

Cassian compris. 😏
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🐾 Cet article fait partie de mon dossier FOMO

Le FOMO peut prendre plusieurs formes : difficulté à se poser, besoin de suivre son humain, frustration devant une barrière, incapacité à accepter le non-accès ou/et difficulté à rester seul.

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Et dans le prochain article, j’ai justement envie d’aller encore plus loin :
Pourquoi mon chien se lève chaque fois que je bouge ?

Parce qu’entre « mon chien aime être avec moi » et « mon chien doit surveiller chacun de mes mouvements », il existe toute une nuance….

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