Aujourd’hui, la salle de jeux est vide….

La salle de jeux est vide

Chaque année, depuis huit ans, la première journée de mes vacances était consacrée à un rituel bien particulier pour démarrer mes vacances !

Je transformais la salle de jeux des enfants en une immense salle de jeux anti-stress pour Wiwi.

Il savait.

Dès qu’il me voyait préparer les jeux, déplacer les objets, cacher des petites choses à sentir et installer ses tapis, il comprenait que tout cela était pour lui. Il allait se coucher sur son tapis et me regardait faire, attentivement, en attendant patiemment le signal.

Puis je disais :

« OK, go! »

Et il partait.

Pas en courant ! Non en se dandinant…Tout heureux, il explorait ce que j’avais préparé. Il reniflait chaque objet, cherchait, contournait, grimpait parfois, poussait certaines choses avec son nez et prenait le temps de découvrir chaque petite nouveauté.

Le bazar restait installé pendant les trois semaines de mes vacances.

Chaque jour, je le modifiais un peu. J’ajoutais quelque chose, j’enlevais un objet, je déplaçais une boîte, je créais un nouveau petit passage ou une nouvelle cachette. Il ne fallait pas nécessairement tout changer. Un simple détail suffisait pour lui donner l’impression de vivre une nouvelle aventure.

Et chaque fois, on pouvait voir la joie apparaître sur sa petite face.

Il sautait sur place. Il levait ses pattes avant avec impatience. Il faisait ses petites pattes de bonheur, incapable de contenir son excitation, mais d’une excitation douce et joyeuse. Celle qui lui donnait envie d’explorer plutôt que de s’agiter.

Des amis chats venaient toujours le rejoindre. Ils sentaient les installations, observaient Wiwi travailler et participaient à leur façon.

Ce n’était pas seulement un jeu.

Pour Wiwi, ces installations étaient de véritables jeux anti-stress et anti-anxiété.

Laisser le chien explorer à son rythme

Les activités de flair, de recherche et d’exploration permettent au chien d’utiliser son nez et son cerveau. Il n’a pas besoin de réussir une performance ni de nous obéir constamment. Il peut prendre des décisions, choisir où aller, revenir sur ses pas et explorer à son propre rythme.

Dans ces jeux, il n’y a pas de mauvaise réponse.

Le chien peut simplement être un chien.

Pour Wiwi, qui était anxieux, hypervigilant et facilement inquiet devant les changements, ces moments étaient précieux. Il avait le contrôle. Personne ne lui imposait de toucher un objet ou de traverser un passage. Il pouvait observer longtemps avant de s’approcher. Il pouvait contourner ce qui l’inquiétait ou revenir plus tard.

Il pouvait dire oui.

Il pouvait aussi dire non.

Cette liberté de choix faisait partie du jeu et de son effet apaisant.

Des jeux simples, sans équipement compliqué

Une salle de jeux antistress n’a pas besoin d’être spectaculaire ni coûteuse.

J’utilisais ce que j’avais déjà :

des boîtes de carton, des couvertures, des serviettes, des coussins, des tapis de différentes textures, des paniers, des rouleaux de carton, des jouets, des objets sécuritaires à contourner et quelques petites gourmandises cachées ici et là.

L’objectif n’était pas de lui créer un parcours d’obstacles difficile.

Je voulais lui offrir un espace à découvrir.

Je pouvais cacher quelques morceaux de nourriture dans une serviette légèrement repliée, sous un jouet, dans une boîte ouverte ou simplement les disperser entre différents objets. Certains jours, l’activité était plus facile. D’autres jours, j’ajoutais une petite nouveauté.

Le jeu devait toujours rester accessible, sécuritaire et agréable.

Ce n’était pas un exercice destiné à fatiguer Wiwi jusqu’à l’épuisement. C’était une activité qui lui permettait de ralentir, de sentir, de réfléchir et de se déposer.

Regarder la joie apparaître

J’aimais le regarder explorer.

J’aimais voir son nez travailler, ses oreilles bouger et son petit corps prendre confiance. J’aimais ses hésitations, ses découvertes et sa fierté lorsqu’il trouvait quelque chose.

Mais ce que j’aimais par-dessus tout, c’était son visage lorsqu’il comprenait que la salle avait encore changé.

Cette petite étincelle.

Cette joie pure.

Pendant huit ans, le début de mes vacances a ressemblé à cela.

À des boîtes un peu partout.

À des tapis déplacés.

À des serviettes remplies de petites surprises.

À un chien impatient qui attendait son « OK, go! ».

Aujourd’hui, mes vacances commencent

Aujourd’hui, mes vacances commencent.

Et je pleure.

La salle est vide.

Elle me paraît immense, maintenant.

Grande, vide et silencieuse.

Je la regarde et je ne sais pas quoi faire. Je tourne en rond. Je cherche presque ce que je pourrais déplacer, installer ou cacher. Mon corps semble encore attendre le rituel. Une partie de moi voudrait préparer les jeux, comme chaque année….

Mais Wiwi n’est plus là, couché sur son tapis, à me regarder faire.

Il n’y aura pas ses petites pattes d’impatience.

Il n’y aura pas son regard qui me demande si j’ai bientôt terminé.

Il n’y aura pas sa joie lorsque je dirai « OK, go! ».

Il ne partira pas explorer la pièce.

Alors je reste là, devant tout ce vide, sans savoir quoi faire de son absence.

Je savais que mes vacances seraient différentes. Mais je n’avais pas compris à quel point cette première journée lui appartenait. Je n’avais pas réalisé que ce rituel était devenu une partie de moi, de mes vacances et de notre vie ensemble.

Pendant huit ans, je construisais une salle de jeux pour diminuer son anxiété.

Aujourd’hui, cette même pièce contient TOUTE la mienne….

Je pleure parce qu’il me manque.

Je pleure parce que je voudrais encore voir sa petite face s’illuminer.

Je pleure parce que tout l’amour que je mettais dans ces jeux est encore là, bien présent, mais que je ne sais plus où le déposer.

Peut-être qu’un jour, je réussirai à transformer à nouveau cette salle.

Peut-être qu’un jour, les jeux de flair, les boîtes et les tapis feront de nouveau partie de mes vacances.

Mais aujourd’hui, je n’y arrive pas.

Aujourd’hui, je regarde la salle vide et je me souviens.

Je me souviens de ses petites pattes.

De son nez qui explorait tout.

De sa joie…..

Et de ce moment où je lui donnais enfin la permission de partir à la découverte de tout ce que j’avais préparé avec amour.

OK, go, mon Wiwi.

J’espère que, quelque part, tu explores encore.

Et que ta petite face est remplie de joie….

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