Pourquoi mon chien se lève chaque fois que je bouge ?

chien inquiet et chien qui veut jouer

Quand surveiller son humain devient une habitude… ou du FOMO

scene standard du soir chez moi lorsque j’écoute mes series TV:
Je suis assise et mon chien est couché tranquille. Il semble dormir, les yeux fermés.
Je change de position, un stress de l’action de ma série… Une oreille bouge.
Je pose ma tisane sur la table…Ses yeux s’ouvrent…
Je me lève ? Et hop ! Le chien est debout.

Avec Cassian, c’est même pas un simple « je me lève tranquillement pour voir où tu vas ».
Non, non….. Cassian se lève en bondissant!! Des springs à la place des pattes.

Il attrape un jouet au passage. Ou cherche ce qu’il pourrait voler autour de moi. Ou me saute dessus (et me mord au passage…). Ou décide soudain que la manette, ma manche ou l’objet que j’avais dans les mains (manette, stylo, cell…) serait probablement une excellente façon de m’attirer pour jouer. 😂

Dans sa tête, mon mouvement semble annoncer :

« Oh ! Quelque chose commence ! Qu’est-ce qu’on fait ?! »

Et pourtant, quelques secondes auparavant, il était couché à mes pieds. Alors… Dormait-il, se reposait-il vraiment ?

Le chien qui dort… d’un œil

Dans mon article précédent, je parlais justement de cette différence importante :

être couché ne veut pas nécessairement dire être détendu.

Certains chiens peuvent rester immobiles pendant longtemps tout en demeurant extrêmement attentifs à ce qui se passe autour d’eux.

Ils surveillent les bruits, les portes, nos mains, même notre regard….. Et surtout… nos mouvements!.
Le chien peut sembler calme, mais son cerveau reste vigilent. Comme s’il était constamment en attente de…..

Et lorsqu’on vit avec un chien comme ça, on finit parfois par remarquer quelque chose d’assez révélateur : il ne nous laisse pratiquement jamais nous lever seuls.


Pourquoi mon mouvement est-il devenu si important ?

Parce que, pour un chien, nos mouvements prédisent énormément de choses.

Je me lève du divan…Donc… Peut-être qu’on va dehors ? Chercher des biscuits dans la cuisine ? Oh… On va jouer ?? oui oui… jJe veux jouer !

Peut-être que je vais dans une autre pièce. Ou peut-être…NONNNNN …. que quelque chose va se passer sans lui.

Et c’est là que le FOMO peut entrer dans l’équation.

Le Fear Of Missing Out, c’est cette difficulté à laisser passer un événement sans ressentir le besoin de vérifier, de participer, de suivre.

Attention…. Ce n’est pas un diagnostic vétérinaire en soi.

C’est plutôt une façon très parlante de décrire certains chiens qui semblent penser : « S’il se passe quelque chose, je DOIS savoir quoi. »

Le problème n’est donc pas nécessairement que le chien nous aime trop. (D’ailleurs avec Cassian, c’est pareil si mon conjoint bouge… voir mon chat….😂😁)

Le Réelle problème, c’est qu’il n’arrive tout simplement pas à considérer nos mouvements comme… sans importance.

Même comportement… mais pas la même émotion

C’est quelque chose que Wicket et Cassian m’ont appris de façon impressionnante !.

Parce que si je m’étais contentée d’observer le comportement de l’extérieur, j’aurais pu dire :

« Mes deux chiens font la même chose. Ils se lèvent immédiatement quand je me lève et me suivent. »

Mais non…. Pantoute!!! ( Traduction: « Pas du tout » pour les non québécois🫣😁 )

Avec Wicket…

Lorsque je me levais, Wicket devenait inquiet. Il me regardait immédiatement. Il se levait et me suivait en restant en alerte, a l’écoute, il cherche…

Son corps, son regard, sa façon de se déplacer me disaient : « Qu’est-ce qui se passe ? Où vas-tu ? Est-ce que quelque chose va arriver ? »

Wicket avait beaucoup d’hypervigilance, des difficultés importantes d’adaptation et de l’anxiété de séparation, dans un contexte de privation sensorielle.

Le changement était difficile pour lui. L’imprévisible était difficile. La nouveauté était inquiétante.

Du coup…. mes déplacements étaient eux aussi des informations importantes qu’il devait surveiller.
Il me suivait en état d’alerte. Il me suivait pour être en sécurité et j’étais son adaptabilité…

Et puis il y a Cassian…

Cassian, lui, s’adapte très bien…. a tous… 🙂 Il s’adapte même rapidement à énormément de choses.
Mais maman vient de bouger ? PARTY !
Il se relève en sautant. Il cherche un jouet. Il m’en apporte parfois un. Il cherche quelque chose à voler.
Il me saute dessus. Il regarde autour de moi pour vérifier si un objet intéressant ne serait pas soudain devenu disponible.

En gros : « Tu t’es levée ! Ça veut forcément dire qu’on va faire quelque chose ! Jouer de préférence… » 😂

Chez lui, je ne vois pas : « Est-ce que je suis en sécurité ? » mais plutot : « Est-ce que je vais manquer quelque chose ? »

À première vue, Wicket et Cassian font pourtant exactement la même chose.
Maman se lève….. Chien se lève. Maman se déplace….Chien suit.
Mais l’émotion qui alimente le comportement n’est pas du tout la même. Et ça, c’est extrêmement important.

Un comportement ne nous raconte jamais toute l’histoire

C’est probablement l’une des choses que j’essaie le plus de transmettre lorsque je parle de comportement canin.

On voit :« Mon chien me suit partout. »

Mais pourquoi ?
Curieux ? Anticipe une activité ? Nous suivre est souvent payant ? Peur de manquer quelque chose ? Parce qu’il est inquiet lorsque nous nous éloignons ? Ou alors, il est hypervigilant ? Parce qu’il souffre lorsqu’il perd l’accès à nous ?

Le comportement visible n’est que la partie extérieure.
C’est ce qui se passe derrière que nous devons essayer de comprendre.

Et c’est LE pourquoi je ne chercherais pas simplement à apprendre à Cassian ou à Wicket :
« Reste couché lorsque je me lève. » Ou le mettre dans une cage…
Parce que je pourrais peut-être obtenir un chien physiquement immobile… tout en ayant encore un chien en hypervigilence dans sa tête.

Ce que je veux réellement apprendre à Cassian

Je veux que mes déplacements perdent progressivement leur valeur. Je bouge… c’est plate !!
Que le fait que je me lève ne signifie plus automatiquement :« ACTIVITÉ ! »

Je voudrais qu’un jour Cassian puisse être couché à mes pieds, me voir me lever pour aller chercher un verre d’eau… et penser : « BOUF. » Puis refermer les yeux. 😂
Et ça peut sembler ridiculement simple…. Mais pour un chien qui veut participer à absolument tout, c’est une vraie compétence. (N’oubliez pas… je travaille par concept, soit sur les compétences du chien!)

Parce que je ne lui apprends pas simplement à rester sur place. Je lui apprends quelque chose de beaucoup plus important :
Tout ce qui se passe autour de toi ne te concerne pas forcément.


Et évidemment… je travaille ça en jeux

C’est là que j’aime énormément l’entraînement basé sur les petits concepts. Je ne vais pas partir du principe :

« Cassian doit rester couché pendant que je traverse toute la maison. »

Parce que pour l’instant, ce serait probablement lui demander de passer directement du niveau maternelle au doctorat. 😂

Je vais rendre mes mouvements progressivement moins intéressants.
Par exemple :

  • Je bouge simplement ma jambe, puis rien ne se passe.
  • Je me penche vers l’avant et je reviens.
  • Je me lève et je me rassois immédiatement.
  • Je fais un pas et je reviens.
  • Puis deux.
  • Je prends un objet… et je le repose.
  • Je vais vers la cuisine… sans que la cuisine produise nécessairement quelque chose pour lui.

Très progressivement. Étape par étape…. Et surtout, je regarde sa réponse émotionnelle.
S’il reste détendu : parfait.
S’il se redresse légèrement puis redescend : intéressant.
S’il bondit, attrape un jouet, saute sur moi et part en recherche d’un objet à voler…
Bon….Cassian vient de m’informer très clairement que le niveau était trop difficile. 😂

Ce n’est pas un échec. C’est une information a noter !

J’aime aussi travailler le désengagement

Parce qu’une grosse partie du travail consiste à apprendre au chien :
« Tu peux remarquer quelque chose… sans devoir agir dessus. »

C’est immense.

Je bouge. Cassian me regarde. OK,
Mais ensuite,,,, il peut choisir : de rester où il est.
C’est ce choix-là que je veux construire.
Pas l’obéissance forcée. Le désengagement.

Le tapis devient aussi très utile

Mais encore une fois, je ne veux pas que le tapis signifie : « Tu dois rester là parce que je l’ai demandé. »
Je veux progressivement qu’il devienne : « Ici, je peux décrocher. »

Le tapis devient un contexte dans lequel il n’a pas besoin de gérer tout ce qui se passe autour de lui.

Et la aussi, j’ajoute mes mouvements. Je fais un pas arrière. Je prends quelque chose. Je disparais une fraction de seconde. Puis je reviens.

Et le calme dans tout ça ?

C’est probablement le point commun le plus intéressant entre Wicket et Cassian.

Parce que malgré des émotions très différentes… les deux ont eu énormément besoin d’un protocole de calme.

Avec Wicket, je travaillais beaucoup : « Tu es en sécurité même si quelque chose change. »
Avec Cassian, je travaille davantage : « Tu ne vas rien manquer d’important si tu ne participes pas à tout. »

Le chemin émotionnel est différent mais le résultat recherché se ressemble : un chien capable de laisser passer une information, un mouvement, un bruit, un déplacement……Sans ressentir automatiquement le besoin d’intervenir.


Attention : suivre son humain n’est pas forcément un problème

Je tiens aussi à préciser quelque chose. C’est important !
Un chien qui se lève parfois lorsque vous bougez est… un chien.

Nos chiens sont des animaux sociaux. Ils sont intéressés par ce que nous faisons.
Et si vous vous dirigez vers le frigo, je ne peux pas vous promettre que votre entraînement survivra à cette épreuve ultime. 😂

Ce que je regarde plutôt, c’est la fréquence et l’intensité.
Est-ce que votre chien peut dormir profondément en votre présence ? (on a des tests pour ca…😁)
Peut-il parfois vous voir quitter une pièce sans vous suivre ? Peut-il constater qu’il se passe quelque chose et décider que ça ne vaut pas la peine de se lever ?
Ou est-il pratiquement toujours en attente ?…….


Et si mon chien se lève quand même ?

Je ne lui dirais pas : « Non. Couché. Reste. »

Je me demanderais plutôt : « Qu’est-ce que mon mouvement représente pour lui ? »

Chez Wicket :un changement potentiellement inquiétant.
Chez Cassian : une possibilité d’activité qu’il refuse catégoriquement de manquer.

Deux réponses différentes. Deux émotions différentes. Et donc… même si certains exercices peuvent se ressembler, je ne travaille pas exactement la même chose. C’est ici que de travailler sur les compétences du chien vont me faire choisir tel ou tel jeux de compétences. (Wicket: La confiance !!! Cassian: Tolérance à la frustration…) Et les compétences de calme et désengagement pour les deux…. pour la situation.

Le véritable objectif

Je veux un chien capable de penser :

« Elle bouge. J’ai vu. Ce n’est pas important. »

Pas un chien qui reste immobile parce qu’il a peur de se tromper.
Pas un chien qui tremble intérieurement en attendant qu’on l’autorise à nous suivre.
Pas un chien qui lutte contre toutes ses impulsions pendant vingt minutes.

Je veux un chien qui puisse réellement choisir : de ne rien faire.….

Parce que finalement, savoir se poser… ce n’est pas apprendre à ne pas bouger.
C’est apprendre à ne pas avoir besoin de bouger.
Et pour un petit chien atteint de FOMO aigu comme Cassian… c’est tout un apprentissage. 😏


🐾 Cet article fait partie de mon dossier FOMO — Le chien qui n’arrive jamais à décrocher

Dans ce dossier, je parle de ces chiens qui veulent tout voir, tout suivre, tout comprendre et parfois… participer à absolument tout ce que nous faisons.

👉 Retrouvez tous les articles du dossier sur ma page FOMO.

👉 Vous pouvez également consulter le plan d’action que j’ai construit pour Cassian, pour voir concrètement à quoi ressemble un entraînement basé sur le jeu, les concepts que je travaille et la façon dont je fais évoluer les exercices progressivement.

Prochain article

Mon chien me suit partout : amour, habitude, FOMO ou anxiété ?

Parce qu’après le chien qui se lève dès que nous bougeons vient souvent… celui qui finit par nous suivre jusque dans la salle de bain. 😂

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