🌿En début d’année, on prend souvent des résolutions pour soi : mieux manger, bouger davantage, ralentir un peu…
Mais qu’en est-il de nos chiens ? Et si vos résolutions 2026 incluaient aussi votre chien ?
Mais qu’en est-il de nos chiens ?
👉 Jouer plus avec lui ?
👉 Lui apprendre de nouveaux comportements utiles au quotidien ?
👉 Ou peut-être… l’aider à se sentir plus serein lorsqu’il est seul ?
L’anxiété chez le chien et en particulier l’anxiété liée à la séparation ,est aujourd’hui l’une des difficultés comportementales les plus fréquentes en pratique. Et contrairement à ce qu’on a longtemps cru, elle ne prend pas une seule forme.
🐾 L’anxiété de séparation : ce n’est pas une seule chose
On parle souvent de « l’anxiété de séparation » comme d’un bloc unique. En réalité, il s’agit plutôt d’un ensemble de profils émotionnels différents, qui s’expriment de manière distincte selon les chiens.
1️⃣ L’anxiété de séparation « classique » (détresse à l’absence)
C’est la forme la plus connue : le chien vit une véritable détresse émotionnelle lorsque son humain quitte.
On observe souvent :
- vocalisations (pleurs, aboiements, hurlements),
- agitation ou immobilité figée,
- halètement, hypersalivation,
- comportements destructeurs orientés vers les sorties,
- parfois malpropreté uniquement lors des absences.
👉 Ici, le problème central est la peur d’être séparé de sa figure d’attachement.
(Overall, 2013 ; Sherman & Mills, 2008)
2️⃣ L’hyperattachement
Certains chiens développent un attachement excessivement exclusif à une personne, avec difficulté à se réguler émotionnellement en dehors de cette relation.
Ces chiens :
- suivent leur humain constamment,
- ont du mal à se reposer seuls même quand l’humain est présent,
- montrent une forte détresse anticipatoire avant les départs,
- peuvent être très sensibles aux micro-changements de routine.
👉 L’hyperattachement n’est pas une cause unique, mais un facteur de vulnérabilité qui peut favoriser l’apparition de l’anxiété de séparation.
(Landsberg et al., 2013)
3️⃣ La frustration d’isolement
Ici, le chien ne vit pas forcément une peur de la séparation elle-même, mais une intolérance à la perte d’accès : à l’humain, aux stimulations, à l’environnement.
On observe souvent :
- agitation,
- vocalisations plus « protestataires » que paniquées,
- destruction non ciblée,
- difficulté à s’apaiser seul.
👉 Le moteur émotionnel est ici davantage la frustration que la peur…ou la peur de manquer quelque chose, ce qui implique des stratégies d’accompagnement différentes.
(Mills et al., 2014)
4️⃣ L’anxiété contextuelle liée à l’absence
Parfois, ce n’est pas l’absence elle-même qui est le problème, mais ce qu’elle représente : un contexte qui déclenche de l’inconfort (bruits extérieurs, ennui intense, manque de sécurité perçue, expériences négatives passées).
Le chien peut être calme dans certaines absences… et très en difficulté dans d’autres.
👉 On est alors face à une anxiété conditionnée, liée à l’environnement plus qu’à la relation.
5️⃣ L’anxiété de séparation chez le chiot
Chez le chiot, ce que l’on appelle anxiété de séparation est souvent une réaction développementale normale. Il vient d’être séparé de sa mère et de sa fratrie, et recherche naturellement la proximité sociale.
Pleurs, agitation et difficulté à dormir seul sont fréquents.
La question n’est pas « comment le rendre autonome vite », mais comment lui apprendre progressivement que la solitude est prévisible et sécuritaire.
Une mise en autonomie trop rapide peut créer une anxiété là où il n’y en avait pas.
👉 On ne traite pas l’anxiété de séparation chez le chiot : on la prévient.
(Appleby & Pluijmakers, 2003 ; Howell et al., 2015)
🔍 Pourquoi c’est important de différencier ces profils ?
Parce que les comportements peuvent se ressembler, mais les causes émotionnelles sont différentes et donc les solutions aussi.
Un chien qui panique n’a pas besoin de la même chose qu’un chien frustré.
Un chien hyperattaché n’a pas besoin de la même chose qu’un chien simplement mal habitué à être seul.
Sans cette lecture fine, on risque :
- de travailler à côté du vrai problème,
- de renforcer involontairement l’inconfort,
- ou de demander au chien quelque chose qu’il n’est pas encore capable émotionnellement de faire.
Même si oui, on fera un désensibilisation systémique, peut importe la condition ou, l’émotion, il y aura un travail autour pour améliorer le protocole et les résultats.
🎯 Et si votre résolution 2026 était… émotionnelle
Et si, cette année, votre résolution pour votre chien n’était pas « qu’il soit plus sage », mais :
- qu’il se sente plus en sécurité,
- qu’il développe plus de capacité d’auto-régulation,
- qu’il vive les absences avec plus de calme,
- qu’il gagne en confiance plutôt qu’en contrôle.
💛 Observer son chien, comprendre ce qu’il vit réellement, puis l’accompagner à son rythme — c’est probablement l’un des plus beaux cadeaux qu’on puisse lui faire.
📚 Références
- Overall, K. L. (2013). Manual of Clinical Behavioral Medicine for Dogs and Cats. Elsevier.
- Sherman, B. L., & Mills, D. S. (2008). Canine separation anxiety: review of the clinical evidence. Journal of Veterinary Behavior.
- Landsberg, G., Hunthausen, W., & Ackerman, L. (2013). Behavior Problems of the Dog and Cat. Saunders.
- Mills, D. S., et al. (2014). Emotional motivations in canine problem behavior.
🌿 Ma petite résolution 2026 à moi…
Cette année, j’ai décidé de mettre au clair et de mieux organiser tout ce que j’ai écrit (et appris) sur l’anxiété de séparation chez le chien.
Pas pour faire “plus”.
Mais pour faire plus clair.
Plus lisible.
Plus aidant pour ceux qui arrivent en plein milieu de leur questionnement, de leur inquiétude, de leur fatigue parfois.
J’ai écrit beaucoup, au fil du temps, au fil de mes lectures, formations, expériences, rencontres…
Et je réalise que pour quelqu’un qui cherche de l’aide aujourd’hui, tout ça peut sembler éparpillé.
Alors ma résolution, c’est ça :
🗂️ rassembler, structurer, simplifier
🐾 pour que ce soit plus facile de comprendre ce que vit son chien
💛 et se sentir un peu moins seul quand on traverse ça
Ce sera un travail tranquille, au rythme de l’hiver… mais un travail qui me tient vraiment à cœur.
✨ Et vous ?
Avez-vous pris des résolutions pour votre chien en 2026 ?
Jouer plus avec lui ? Lui apprendre de nouvelles compétences ? Ou l’aider à se sentir plus serein émotionnellement ?
Je serais curieuse de vous lire 💚🐾