« Mon chien est calme pendant mes absences : il ne jappe pas, ne détruit rien, ne fait jamais ses besoins dans la maison… donc il n’a aucun problème d’anxiété de séparation. »
Et pourtant… c’est justement là que le piège se referme.
Cette affirmation est fausse.
Un raccourci que j’entends beaucoup trop souvent.
Et surtout… elle peut faire beaucoup de tort sans qu’on s’en rende compte.
L’anxiété n’est pas toujours visible mais elle est mesurable
L’anxiété de séparation n’est pas toujours bruyante.
Il existe une anxiété silencieuse, invisible de l’extérieur, mais très réelle et très lourde à vivre pour le chien.
Parce que même silencieuse, l’anxiété reste de l’anxiété.
D’un point de vue physiologique, un chien qui vit du stress répété en situation d’absence active son axe du stress (axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien), ce qui entraîne une augmentation du cortisol, l’hormone du stress.
Lorsque cette activation devient fréquente ou chronique, elle peut avoir des effets à moyen et long terme :
- une hypersensibilité émotionnelle,
- une diminution de la capacité de récupération après un stress,
- une baisse de tolérance aux frustrations,
- l’apparition secondaire de comportements problématiques,
- et même des impacts sur la santé (immunité, digestion, inflammation, qualité du sommeil, etc.).
Autrement dit : ce n’est pas parce qu’un chien est silencieux qu’il est apaisé.
C’est pour ça qu’il est si important de ne pas se fier uniquement à ce qu’on voit en surface,
et de chercher à vraiment voir ce que vit notre chien quand il est seul.
Les signes sont souvent discrets
Il y a celui qui se tait.
Celui qui ne touche pas à ses jeux, à sa mastication (os, Kong, tapis de fouille) ou à ses récompenses pendant votre absence.
Celui qui boit frénétiquement à votre retour ou se « jete » sur l’os qu’il n’a pas mangé.
Celui qui fait les cent pas.
Celui qui reste couché… mais en hypervigilance, les yeux ouverts, le corps tendu — il ne se repose pas vraiment.
Tous ces petits comportements sont des signaux de malaise.
Ils disent la même chose, chacun à leur façon :
« Être seul, pour moi, ce n’est pas neutre. C’est difficile. »
Et comme ces chiens ne dérangent pas, ne se font pas remarquer, ne causent pas de « problème » visible… on passe souvent à côté de leur détresse.
🎥 Filmer une absence est souvent le seul moyen de voir ce qui se passe vraiment.
Pas pour se culpabiliser !!!
Mais pour « voir », comprendre. Pour ajuster. Pour aider…. Ou pour se rassurer que tous va réellement bien !
Mais, si jamais, ce n’est pas le cas… la bonne nouvelle, c’est que des solutions existent.
Des chemins doux, progressifs, respectueux, pour aider un chien à apprivoiser la solitude plutôt que de la subir.
Ce n’est pas toujours simple, ni rapide… mais quand on trouve la bonne voie, ça change profondément la vie du chien et souvent celle de l’humain aussi.
🌿 Si ce sujet te touche, si tu as un doute, une inquiétude, ou simplement envie d’en parler…
viens jaser 🤍🐾