J’avais une routine… puis Cassian est arrivé

les aventures de Cassian en train de jouer

Je faisais un article par semaine.

Tous les vendredis, ou presque, je venais déposer ici un morceau de réflexion, un bout de vécu, une idée autour du chien, de l’anxiété, de la relation, du quotidien. C’était devenu un rendez-vous. Une petite routine à moi.

Puis Cassian est arrivé.

Cassian, alias la tornade poilue. Trois livres de poils, d’énergie, de dents pointues, de curiosité, de “je veux tout voir, tout faire, tout goûter, tout mordre, tout de suite”. Et quelque part entre les dodos à installer, les barrières à déplacer, les routines à tester, les tapis à proposer, les jouets à ramasser, les pipis à anticiper et les moments où je me demandais sincèrement quel jour on était… j’ai perdu le fil.🫣🙄

Pas juste le fil du blog.

Le fil de ma routine au complet!

Et je pense que c’est de ça que j’avais envie de parler aujourd’hui : de ces moments où on avait un plan, une structure, une façon de faire… puis la vraie vie arrive avec ses pattes pleines de boue et vient tout réorganiser.

Parce que dans ma tête, bien sûr, tout était préparé.

Je savais que l’arrivée d’un chiot allait demander de l’adaptation. Je savais qu’il faudrait penser à la socialisation, au repos, à la gestion de l’environnement, aux moments de calme, aux mordillements, à l’intégration avec Wicket, à la sécurité de chacun. Je savais tout ça.

Mais savoir quelque chose… et le vivre dans son corps, dans sa maison, dans ses nuits écourtées et dans son salon réaménagé en parcours d’obstacles pour bébés chiens, ce n’est pas tout à fait pareil.

Un chiot, ce n’est pas seulement “un petit chien qu’on éduque”.

C’est une réorganisation complète.

De l’espace. Du temps. De l’énergie. Des priorités. De la patience….
Et parfois même, de l’identité.

Moi qui avais mon rythme, mes articles, mes projets, mes idées en file d’attente… je me suis retrouvée en mode survie douce. Pas une survie dramatique, mais cette forme de survie du quotidien où on avance par petits bouts. Où on essaie une routine le matin, on l’ajuste le midi, on la remet en question à 15 h, et le soir on se dit : “Bon. On va essayer autrement demain.”

Avec Cassian, il y a eu beaucoup d’essais et erreurs.

Beaucoup.

Est-ce qu’il dort mieux ici ?
Est-ce que la barrière l’aide ou le frustre ?
Est-ce qu’il est trop fatigué ou pas assez dépensé ?
Est-ce que je l’accompagne trop ? Pas assez ?
Est-ce que je suis en train de prévenir l’anxiété… ou de créer autre chose ?
Est-ce que je fais bien ?
Est-ce que je suis en train de tout gâcher ?
Est-ce que quelqu’un peut me dire quel jour on est ?

Et au milieu de tout ça, il y a aussi la vie qui continue.

Le travail. Wicket qui a ses besoins, sa santé fragile, son monde à préserver…. La maison. Les repas. Les rendez-vous. Les émotions. La fatigue.

Et moi, quelque part là-dedans, qui essayais de garder un peu de place pour écrire, penser, respirer.

Je crois qu’on parle beaucoup de routine comme si c’était quelque chose de fixe. Comme si une bonne routine, c’était une routine qu’on trouve une fois, puis qu’on applique pour toujours.

Mais avec les bébés , humains ou chiens, la routine est rarement une ligne droite.

C’est plutôt une danse.

On propose quelque chose. On observe. On ajuste. On recommence. On pense avoir trouvé… puis une dent pousse, une peur apparaît, une sieste saute, une émotion déborde, et tout est à revoir.

Et ce n’est pas un échec……C’est le vivant.

C’est ce que Cassian me rappelle tous les jours, parfois avec une grande délicatesse… parfois en me mordant les orteils…🙄🫣

Il me rappelle que la routine n’est pas là pour nous enfermer. Elle est là pour nous soutenir. Et quand elle ne soutient plus personne, quand elle devient trop lourde, trop rigide, trop éloignée de la réalité du moment, on a le droit de la reconstruire.

Même si c’est désordonné.

Même si ça prend du temps.

Même si on se trompe.

Même si on avait dit : “Moi, je vais publier tous les vendredis.”

Parce que oui, j’ai décroché.

Pas parce que je n’avais plus envie. Pas parce que je n’avais plus rien à dire. Au contraire, j’avais probablement trop de choses à dire, mais plus assez d’espace intérieur pour les déposer.

Et je pense que c’est important de le nommer.

On peut aimer ce qu’on fait, être passionnée, engagée, motivée… et quand même perdre le rythme pendant un moment. On peut être compétente, formée, pleine de ressources… et quand même se sentir dépassée quand la réalité débarque avec un chiot intense, un chien fragile, une maison à adapter et une vie à continuer.

Reprendre ne veut pas dire revenir comme avant.

C’est peut-être ça, la partie la plus importante pour moi aujourd’hui.

Je ne reprends pas mon blog comme si rien ne s’était passé. Je ne reviens pas en prétendant que tout est redevenu parfaitement organisé. Je reviens avec mes cernes, mes ajustements, mes remises en question, mes petites victoires, mes “bon, ça, on ne refera pas comme ça”, et mes moments où je regarde Cassian dormir enfin et où je me dis : “OK. On avance.”

Peut-être que mes articles seront un peu différents pendant un temps. Peut-être plus courts. Peut-être plus personnels. Peut-être plus imparfaits. Peut-être plus collés à la vraie vie.

Et peut-être que c’est très bien comme ça.

Parce qu’au fond, c’est exactement ce que j’essaie de transmettre dans mon travail avec les chiens et leurs humains : on ne construit pas une relation à partir d’un plan parfait. On la construit avec de l’observation, de l’ajustement, de la compassion et beaucoup de petits recommencements.

Avec Cassian, j’apprends encore une fois que le calme ne se force pas. Que la sécurité se construit. Que les routines doivent respecter le tempérament de l’animal, mais aussi la capacité émotionnelle de l’humain qui l’accompagne.

Et ça, je pense qu’on l’oublie souvent.

On parle des besoins du chiot. Des besoins du chien. Des besoins des enfants au travail. Des besoins de tout le monde.

Mais l’humain aussi a besoin d’une routine qui tient debout.

Une routine qui ne l’écrase pas.
Une routine qui laisse de la place à l’erreur.
Une routine qui permet de dire : “Aujourd’hui, je fais au mieux.”
Et parfois : “Aujourd’hui, mon mieux est plus petit que prévu.”

Alors voilà.

Cet article n’est pas un grand retour spectaculaire. Ce n’est pas une annonce officielle avec fanfare et confettis.

C’est plutôt une petite main levée pour dire : je suis encore là.

Un peu ébouriffée. Un peu… beaucoup déorganisée. Un peu en retard sur mon calendrier. Mais encore là.

Et si vous êtes, vous aussi, dans une période où votre routine a explosé, où vous essayez, vous ajustez, vous recommencez, que ce soit avec un chiot, un chien anxieux, des enfants, un deuil, une fatigue ou simplement la vie qui déborde… j’aimerais vous dire ceci :

Vous n’avez pas échoué parce que vous avez dû ralentir.

Vous êtes peut-être simplement en train de vous adapter à une nouvelle réalité.

Et parfois, se réorganiser doucement, un petit morceau à la fois, c’est déjà une immense réussite.

Moi, je recommence ici.

Un article. Un vendredi. Une phrase à la fois.

Avec Cassian qui dort, je l’espère, assez longtemps pour me laisser écrire la prochaine.

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