Cassian et ma préparation à l’anxiété de séparation : avant les départs, on bâtit les bases
Quand on pense à l’anxiété de séparation, on pense souvent tout de suite au moment où le chien reste seul.
Mais avec un chiot, surtout un chiot très jeune, très actif et très émotif, la préparation commence bien avant ça.
Avec Cassian, je ne travaille pas seulement “les absences”. Je travaille tout ce qui vient avant : la distance, la frustration, l’attente, le retour au calme, la permanence de l’objet, la tolérance aux barrières, aux portes, au non-accès… et surtout, la sécurité dans le lien.
Depuis plus d’une semaine, notre protocole de prévention de l’anxiété de séparation est devenu… ma religion. 😂😁
Et honnêtement ? Je vois à quel point tout cela est précieux.
Préparer aux départs, ce n’est pas juste partir
Un chiot ne devient pas capable de tolérer la séparation par magie.
Avant même de penser à “sortir pour vrai”, il faut souvent lui apprendre une foule de petites choses qui, mises ensemble, vont former les bases de la sécurité émotionnelle.
Avec Cassian, je travaille beaucoup le “présence mais non accès” en jeux.
C’est-à-dire : être là, parfois tout près, mais sans qu’il puisse venir sur moi, me grimper dessus ou être constamment collé à nous. (soit avec une laisse attaché, soit derrière une barrière de bébé)
Ça peut sembler simple, mais pour un chiot qui monte vite en excitation, c’est un vrai apprentissage.
Parce que Cassian, lui, quand il est avec nous, il ne veut pas forcément se faire prendre ou se déposer calmement à côté. Il veut jouer. Il saute. Il mordille (mes mains en sont témoins..). Il s’active. Il monte vite, très vite, en intensité. (et… Bonjour les zoomies…)
Donc avant de lui demander de tolérer la distance, je dois déjà l’aider à apprendre à redescendre.
Un chiot actif… qui a besoin d’aide pour se calmer
Cassian est un chiot très actif, voire hyperactif par moments. Il est intense, expressif, rapide à s’emballer. Et comme beaucoup de bébés chiens, plus il est fatigué ou stimulé, plus il peut devenir mordilleur, agité, incapable de se déposer.
Dans un monde idéal, pour l’aider à se calmer, on pourrait parfois utiliser une cage bien conditionnée. Mais dans son cas, la cage n’est pas encore un endroit sécurisant. Il n’aime pas ça, et il n’est pas encore habitué à l’enclos non plus.
Alors pour l’instant, il dort dans une pièce avec une barrière de bébé.
Et cette barrière n’est pas juste un outil de gestion : elle fait partie intégrante de notre travail.
Le protocole de la porte… version chambre et barrière de bébé
Je fais avec Cassian un vrai protocole de la porte, mais adapté à notre réalité du moment.
Au lieu de commencer avec une porte d’entrée et de gros départs, je commence avec la porte de la chambre et surtout avec les barrières de bébé.
Je travaille de toutes petites actions, très progressives :
m’approcher, repartir, toucher la barrière, la bouger, l’ouvrir un peu, la refermer, passer, revenir…
Le but n’est pas de le piéger ni de “tester s’il pleure”. Le but, c’est de désensibiliser tranquillement tous ces micro-mouvements qui peuvent devenir, pour certains chiens, de véritables signaux de séparation.
Parce que très souvent, ce n’est pas seulement l’absence qui déclenche une émotion.
Ce sont aussi tous les petits indices qui l’annoncent.
Et ça, on peut le travailler très tôt.
Le tapis, le “dodo maison” et l’apprentissage du repos
J’enseigne aussi à Cassian le tapis, comme repère de repos et de retour au calme.
Je travaille également le “dodo maison” pour l’enclos, afin qu’il apprenne graduellement qu’un espace défini peut devenir un endroit sécurisant, confortable et prévisible.
Quand il ne dort pas, il pleure souvent pour être avec nous. Mais paradoxalement, lorsqu’il est avec nous, il ne se calme pas facilement. Il ne cherche pas forcément le contact doux ou le cocooning. Il veut surtout jouer, mordiller, interagir intensément… puis il déborde.
Alors tout le défi, en ce moment, ce n’est pas seulement de le garder près de nous.
C’est de lui apprendre que le repos existe, que la distance peut être tolérable, et que l’on peut être en sécurité même sans accès constant.
Peekaboo, ou le “coucou” version chiot
Je fais aussi les jeux de « Peekaboo« , le fameux “coucou” qu’on fait aux bébés.
Ces petits jeux, en apparence tout simples, sont très intéressants pour travailler doucement la permanence de l’objet. Autrement dit : m’aider à faire comprendre à Cassian que ce n’est pas parce qu’il ne me voit plus pendant une seconde que j’ai disparu de la surface de la Terre.
Avec certains chiots, ces mini-disparitions-réapparitions ludiques peuvent devenir une belle porte d’entrée vers une meilleure tolérance à la distance.
Encore une fois, on ne commence pas par de “vraies absences”.
On commence par bâtir un cerveau plus serein face à l’éloignement.
Oui, on joue aussi. Mais on apprend surtout à redescendre
Évidemment, nos journées ne tournent pas seulement autour des barrières et des protocoles.
Cassian joue dehors, se promène, fait des jeux de tug, des jeux d’échange, découvre plein de choses. Tout ça est important. Tout ça fait partie de sa vie de chiot.
Mais après l’activation vient une étape tout aussi essentielle : la descente de pression.
Et c’est là que tous les petits jeux de préparation à la séparation deviennent si précieux.
Parce qu’un chiot qui ne sait pas redescendre après l’excitation risque d’avoir beaucoup plus de difficulté à tolérer la frustration, l’attente, la distance et l’absence.
On veut donc nourrir le lien, oui.
On veut jouer, oui.
Mais on veut aussi apprendre au système nerveux à revenir au calme.
Une préparation adaptée à son âge… et à notre hiver québécois
En parallèle, on travaille bien sûr l’apprentissage de la propreté.
Mais là aussi, j’adapte mes attentes à la réalité.
Cassian est encore tout petit, très jeune, et ici au Québec, le froid n’aide pas toujours un mini chiot à faire de grands apprentissages extérieurs dès le départ. J’ai donc commencé avec le pipipad style tapis gazon.
Quand les températures seront plus clémentes, nous travaillerons davantage le pipi dehors.
Pour moi, ce n’est pas “prendre un mauvais pli”. C’est simplement respecter son âge, son développement, sa taille… et la météo. Et avec Wicket et ses problèmes de motricité et d’artrhite, je vois l’importance d’apprendre les deux !
Parce qu’un bon plan n’est pas un plan rigide.
C’est un plan intelligent, réaliste et bienveillant.
Entre tout ça, on construit le lien
Et entre tous ces exercices, il y a quelque chose d’aussi important, sinon plus :
on renforce le lien entre nous tous.
La préparation à la séparation, ce n’est pas apprendre à un chiot à “se débrouiller tout seul” le plus vite possible. Ce n’est pas non plus le rendre indépendant à coups de frustration.
C’est construire une relation assez sécurisante pour que la distance devienne, graduellement, moins menaçante.
C’est lui apprendre qu’il peut être bien avec nous… mais aussi bien sans être sur nous.
C’est lui montrer que les portes bougent, que les barrières s’ouvrent, que les humains vont et viennent… et que malgré cela, son monde reste sécuritaire.
Prévenir plutôt que réparer
Je ne sais pas encore exactement comment tout cela évoluera avec Cassian dans les prochaines semaines.
Ce que je sais, par contre, c’est que je préfère largement investir dans cette préparation maintenant plutôt que d’attendre qu’un problème soit bien installé.
Prévenir l’anxiété de séparation, ce n’est pas chercher le chiot parfait.
C’est mettre en place, un petit geste à la fois, les fondations émotionnelles qui vont l’aider pour toute sa vie.
Et en ce moment, chez nous, ces fondations prennent la forme de barrières de bébé, de protocoles de porte, de tapis, de “peekaboo”, de jeux de présence mais non accès, de repos guidé, de lien renforcé… et de beaucoup, beaucoup d’ajustements.
Ce n’est pas toujours simple.
Ce n’est pas toujours calme.
Mais c’est profondément utile.
Et oui… présentement, notre protocole de prévention de l’anxiété de séparation est pas mal devenu ma religion. 😁😁😁