J’avais tout prévu pour l’arrivée de Cassian.
Vraiment tout.
Où il dormirait.
Où il ferait ses siestes de jour.
Son dodo de nuit avec moi.
Son grand parc dans la garderie pour être avec moi à 100 % sans déranger Wicket.
J’avais pensé à l’aménagement, à la gestion, au repos, aux jeux, à l’entraînement de base, à la socialisation…
Bref, j’avais un plan solide !.
Un beau plan.
Un plan logique.
Un plan rassurant.
Un plan presque digne d’un petit trophée de “maman de chiot organisée”.
Mais ça… c’est le plan que « moi » j’avais fait.
Parce que manifestement, Cassian, lui, n’avait pas reçu le document….🙄😂😂😂
La réalité est arrivée… et elle a tout cassé
Dans ma tête, j’accueillais un petit bébé chien mignon, un peu tannant oui, mais tout de même prêt à entrer doucement dans la routine que j’avais construite pour lui.
Dans la vraie vie, j’ai accueilli un mini explorateur de 3 livres, avec l’énergie d’un lutin de noel sous caféine et les idées d’un cascadeur professionnel.
Le jour, il ne dort pas assez.
Il accumule la stimulation.
Et ensuite… boom.
Zoomies.
Encore des zoomies.
Et parfois un troisième round, juste pour être certain que tout le monde comprend bien que son système nerveux est rendu dans le tapis.
La nuit ?
Monsieur semble convaincu qu’il est capable de voler.
Du haut de ses 3 livres, il veut sauter en bas du lit comme s’il auditionnait pour Mission Impossible version chiot.
Être bercé ? Oui, deux minutes.
Être dans mes bras ? Correct… jusqu’à ce qu’il décide que regarder le monde est plus intéressant que moi.
Et dormir calmement dans un parc ?
Ah non.
Ça, c’est apparemment une violation grave de ses droits et libertés.
Les barrières ? Il déteste.
Les enclos ? Inacceptables.
Les filets de parc ? Une insulte à sa personne.
Cassian a un message très clair à transmettre à l’univers : la liberté, rien de moins.
Et moi, pendant ce temps-là, je regardais mon beau plan s’écrouler
L’entraînement ?
Disons que ce n’est pas facile d’enseigner quoi que ce soit à un petit être qui est tellement fatigué qu’il se transforme en crocodile en surcharge.
Rien ne rentrait.
Son cerveau était ailleurs.
Son corps criait fatigue.
Et moi, j’essayais encore de faire entrer la réalité dans mon plan initial.
En plus, je n’avais même pas trouvé « LA » gâterie miracle.
Ses croquettes ? Je dois les mouiller pour qu’il daigne les manger.
Alors mon petit scénario d’apprentissage super bien pensé a commencé à s’effriter… morceau par morceau.
Et honnêtement ?
Ça m’a brassée, découragée….
Parce que quand on prépare quelque chose avec amour, avec sérieux, avec toute notre expérience… et que malgré ça, ça ne fonctionne pas comme prévu… ça vient nous chercher.
On se remet en question.
On doute.
On cherche ce qu’on a mal fait.
On voudrait reprendre le contrôle.
Puis j’ai arrêté. Et j’ai regardé le chien devant moi.🤔
Au lieu de m’accrocher encore plus fort à mon plan, j’ai décidé de revenir à la base.
-Observer.
Depuis quatre jours, je note ses heures de sommeil, ses périodes d’activité, ses moments de surcharge, ses zoomies, ses phases plus calmes.
Avec les journées de travail. Avec les journées sans travail. Avec la vraie vie. Pas la version idéale. La vraie.
Et tout à coup, quelque chose est devenu clair.
Le problème, ce n’était pas que je manquais de planification.
Le problème, c’est que j’essayais encore de suivre mon plan, au lieu de suivre mon chiot.
Et là, je me suis rappelé la règle numéro un :
Travailler avec le chien qu’on a devant soi.
Pas celui qu’on avait imaginé.
Pas celui qu’on espérait.
Pas celui qui fit parfaitement dans notre horaire, notre maison et nos belles intentions.
Le vrai chien.
Avec son tempérament.
Son énergie.
Sa fatigue.
Ses besoins.
Ses limites.
Alors on recommence… autrement 🙄
On a tout chamboulé.
On modifie l’aménagement graduellement.
On ajuste les attentes.
On simplifie le quotidien.
Pour l’instant, on garde le plus important :
les jeux de tug, les jeux anti-crocodile, un peu d’entraînement au tapis… et c’est tout.
Pas plus.
Le reste attendra.
Parce qu’en ce moment, mon objectif principal n’est pas d’avoir un chiot qui performe.
C’est d’avoir un chiot qui récupère.
Qui dort.
Qui redescend.
Qui retrouve un peu d’équilibre.
Et ça aussi, c’est du travail.
Un travail invisible, moins glamour, moins “impressionnant” sur papier… mais tellement essentiel.
Et il y a aussi un éléphant dans la pièce : la différence énorme entre Cassian et Wicket chiot.
Wicket, lui, était totalement à l’opposé. Étant malade, il dormait presque toute la journée… et le reste du temps, il le passait dans nos bras. Il avait peur de tout. Côté exploration, activités, mordillements… on était à -100. Même les zoomies, je connaissais surtout ça dans mes formations ou chez les chiens de mes clients. Jouer ? Il ne savait même pas comment faire. Cassian, lui, c’est tout l’inverse : il explore tout, teste tout…
Avec Wicket, je me demandais souvent comment l’aider à prendre un peu plus de place dans le monde.🤔
Avec Cassian… je me demande surtout comment l’empêcher de redécorer le monde au complet avant sa prochaine sieste.😁
Et je réalise à quel point mon regard a été façonné par l’histoire de Wicket.
Quand ton premier chiot a été malade, plus éteint qu’explosif, plus collé qu’aventurier… tu finis presque par oublier à quoi ressemble un chiot “plein de vie”.
Alors quand Cassian est arrivé avec ses jouets, ses idées, ses dents, ses zoomies et son besoin de tout tester, y compris la résistance du matériel ,j’ai eu un choc.
Pas parce qu’il y a quelque chose qui ne va pas.
Mais parce qu’il est, tout simplement, un autre chien.….
Même une éducatrice canine peut se tromper
Et je trouve ça important de le dire.
Même une éducatrice canine peut se tromper.
Même avec de l’expérience.
Même avec des connaissances.
Même avec toute la bonne volonté du monde.
Parce que les chiens ne lisent pas nos plans.
Les chiots, encore moins.
Ils arrivent avec qui ils sont.
Et parfois, ils viennent nous rappeler avec une belle intensité et quelques zoomies bien sentis que la vraie compétence, ce n’est pas de tout prévoir.
C’est de savoir s’ajuster.
Alors non… ça ne se passe pas toujours comme prévu.
Mais ce n’est pas un échec.
C’est juste la vraie vie.
La vraie adaptation.
Le vrai lien qui se construit.
Et parfois, la bonne direction commence exactement au moment où on accepte de lâcher le plan parfait.